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fidèle.. à ses habitudes, il la trompa.

fidèle.. à ses habitudes, il la trompa.

Publié par Incarnare le jeudi 14/01/2010 - 02:26 - Mariage

La fidélité n'a décidément pas la cote.. Cela a commencé avec Tiger Woods, qui a reconnu avoir été infidèle et déclaré le regretter. Il y a quelque semaines, j'ai failli réagir aux propos d'Angelina Jolie qui, elle, ne regrettait rien et pour qui « la fidélité n'est pas essentielle ». Il y a quelques jours, enfin, l'infidélité de sa femme devait au premier ministre irlandais quelques semaines de congés forcés, et à un de ses homologues des messages peu sympathiques. Il semblerait que, de nos jours, nombreux sont ceux (et celles) dont la fidélité à leur opérateur mobile est plus durable que celle à leur engagement conjugal.

La fidélité, irrationnelle ?

Le créateur de Playboy1, Hugh Hefner réagissait à l'actualité autour de Tiger Woods en disant : « franchement, je crois que la seule surprise, c'est que des gens soient encore surpris. Si vous êtes un homme jeune et en bonne santé... [...] le mariage n'est qu'une question de confort. C'est sympa pour élever les enfants mais il est utopique de vouloir que la monogamie dure jusqu'à la mort

La fidélité serait-elle réservée aux moches? C'est également l'hypothèse que soutient un économiste, Landsburg, qui analyse le mariage comme une collusion des hommes contre les femmes (celles-ci étant soi-disant avantagées par la polygamie, qui fait se raréfier l'offre et monter la demande). C'est loin d'être aussi évident. Il suffit de voir comment Heidi Klum, top-model de son état (et dont on peut décemment penser que le "marché" lui serait favorable), assume clairement ce choix. 

La fidélité, inhumaine ? 

C'est aussi intéressant de voir Landsburg présenter la fidélité comme l'apanage des couples installés, qui se seraient enferrés dans la routine. D'autres retournent l'argument, considérant que la fidélité est un archaïsme imposé aux couples par une église catholique rétrograde. A l'un comme aux autres, je ferai l'observation suivante : toute notre culture, je dis bien toute, la grande majorité de nos chansons regorge de jeunes gens libres (et souvent loin d'être catholiques) qui se promettent mutuellement la fidélité. Qui ne se souvient pas du masque de zorro, et de Tina Arena (aujourd'hui divorcée-remariée) criant "I want to spend my lifetime loving you" ? 

La fidélité, les amoureux de toutes les cultures se la promettent spontanément. Elle est donc loin d'être inhumaine dans son principe, dans son essence. Il semblerait même (tant l'on peut considérer qu'il vaut mieux aimer que de ne pas aimer) qu'elle constitue l'idéal de la vie humaine. 

Mais attention : il y a deux définitions d'idéal. Si par idéal, vous entendez ce vers quoi l'on doit tendre, je suis avec vous à 100% ; si par idéal, vous entendez utopique, je ne vous suis plus. Certains prétendent que la fidélité est un idéal trop difficile à atteindre, notamment pour l'homme, que ses pulsions éloigneraient soi-disant naturellement vers l'infidélité. 

Il faut leur reconnaître que notre instinct nous porte facilement vers toutes les femmes plutôt qu'une. Cela signifie t-il que notre volonté doit abdiquer sans mot dire ? non ! Que notre désir soit pervers ? pas plus ! J'ai un bon appétit et constamment faim : cette faim est bonne car elle me pousse à me nourrir, assurant ainsi ma subsistance ; cependant, un trouble alimentaire pour rendre mon appétit disproportionné (plus je mange, plus j'ai envie de manger) et le pervertir, c'est à dire le rendre dangereux pour moi. Il en va de même pour le désir sexuel : intrinsèquement bon (et voulu par Dieu comme tel), il a été distordu et est encore plus largement dispoportionné par rapport à sa fin. 

La fidélité, chemin du désir à l'amour

Car ce que cherchent les amoureux, est-ce le désir ou bien l'amour ? Ce que nous cherchons c'est l'amour, qui est don de soi. « Au final tout le monde vous donne beaucoup d'amour [...]: je suis extrêmement dévouée, et il est comme moi » dit merveilleusement Heidi Klum, avant d'ajouter « mon mari et moi ne faisons qu'un, maintenant ».

Nous savons intuitivement que le désir mène à l'amour et c'est pour cela que nous le cherchons. Nous ne le répéterons jamais assez : le désir est intrinsèquement bon. Le drame de Hugh Hefner, c'est qu'ayant été privé dans son enfance de toute manifestation physique de l'amour par des parents puritains à l'extrême, il ne croit plus en l'amour : « j'ai lancé Playboy en réaction à la souffrance et à l'hypocrisie que constitue notre héritage puritain. Notre famille était puritaine à l'extrême. Pas un calin. Oh non ! ni accolade ni embrassade dans ma famille. Un jour, ma mère s'est excusée de n'avoir pas su montrer son affection. Je lui ai répondu 'Maman, ce que tu n'a pas été capable de faire m'a mis sur une voie qui a changé ma vie et la face du monde'. Quand je parle d'hypocrisie dans certaines de nos valeurs, notamment sexuelles, cela vient de ce que je n'ai pas été assez caliné enfant ».

Imaginez-vous devant la vitrine d'une boucherie. Vous voyez quelqu'un qui salive devant un steack. Vous repassez deux heures plus tard, il est encore là. Et encore deux heures après. Deux conclusions possibles : soit cette personne meurt de faim, soit c'est un glouton. Ramenez ça à notre monde d'aujourd'hui : croyez-vous qu'aujourd'hui notre monde soit en manque de désir, de sexualité ? Croyez qu'Hefner manque de sexe ? Que Bono (U2) qui chantait « desire » manque d'occasions ? 

Je crois qu'il est évident que nous sommes aujourd'hui gavés de sexe par les médias et que nous risquons plus le trop-plein de désir que le trop-peu de désir. En deux générations, Hugh Hefner nous a fait passer du puritanisme à l'hypertrophie du désir. Dans ce contexte, ce n'est pas être puritain que d'appeler à une modération du désir . 

Le désir érigé en absolu dessèche l'homme car il ne lui permet pas de se donner, ni de recevoir l'autre pleinement. Il ne permet pas de se donner car, abandonné à tous on n'est donné à personne. Un oui n'a que peu de résonnance si l'on n'a jamais su dire non. Mais surtout, il ne permet pas de recevoir, dans la mesure où le désir omniprésent change d'objet à chaque instant et ne garde plus de chacun que des traits, des mensurations, qui n'ont plus aucun rapport avec la personne désirée : celle-ci, anonymisée, est réduite à l'expression de ces mensurations.

A l'inverse, le désir qui renonce un peu à lui-même pour recevoir l'autre et se donner à lui conduit à l'amour. C'est lorsque même "élever les enfants" devient un acte d'amour que le mariage est réussi. Proclamer un amour désincarné en faisant n'importe quoi de son corps est de l'hypocrisie ; comme l'est le rigorisme qui n'aime pas mais proclame le contrôle du corps. Mais l'amour qui se donne, qui naît dans le désir mais le transcende, lui, mène à l'Amour .

La fidélité, enfin, est l'une des qualités essentielles de Dieu, dans tout l'ancien testament. Car Dieu est Amour et la fidélité permet de goûter l'amour tel que Dieu nous le donne.

  Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël
  qui visite et rachète son peuple.
Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David son serviteur,
comme il l'avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :
salut qui nous arrache à l'ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,
amour qu'il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,
serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,
afin que délivrés de la main des ennemis
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa prèsence, tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant, tu sera appelé prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu
prépareras ses chemins
pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,
grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu,
quand nous visite l'astre d'en haut,
pour illuminer ceux qui habitent les ténébres et l'ombre de
la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix.
(Cantique de Zacharie)

  • 1. Nda : non, ce n'est pas une source de première main, j'ai trouvé l'info ici :)

 
 

 
 

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