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Le paradoxe de Valentin

Le paradoxe de Valentin

Publié par Incarnare le lundi 15/02/2010 - 00:08 - Mariage

Chrétienne, la Saint-Valentin ? Chaque année, la question taraude les catholiques : faut-il - et peut-on - fêter la Saint-Valentin ? Après tout, dit-on, cette fête serait purement commerciale. De plus, elle viendrait d'une fête païenne (romaine, en l'espèce). A priori peu recommandable, donc... pourtant, je crois qu'ici se joue l'une des charnières du rapport de l'Église au monde. Ne serait-ce pas à nous de (re-)christianiser cette fête ? 

Il y a un paradoxe dans notre société, paradoxe qui culmine à la Saint-Valentin : si nos concitoyens se marient moins et divorcent toujours plus, ils continuent de vouloir croire au grand amour. Notre culture qui se moque de toute profession de foi tient, à toute force et contre toute évidence1, à célébrer un amour que tous déclarent vouloir durable et total2. Mieux, elle qui rejette le lien entre amour et fécondité, le célèbre à l'occasion d'une fête à l'origine vouée à la fertilité et qui fît ensuite l'éloge d'un prêtre mariant des jeunes contre l'avis de l'état.. 

Notre culture contient, au moins en germe et parfois en négatif, cette vérité essentielle qu'est le lien entre amour et fidélité, parce qu'elle reflète nos aspirations les plus profondes : les amoureux se promettent spontanément fidélité jusqu'à la mort et il suffit d'aller au cinéma pour voir de nombreuses promesses d'amour durable ; notre culture parle de la blessure qu'est l'infidélité et de la difficulté d'aimer en confiance après.

En témoignent les ventes de la chanson de Jena Lee, j'aimerais tellement qui est resté 12 semaines en tête des ventes de single en France. Voici quelques unes de ses paroles :

Ce n’est qu’une larme, juste un reste du passé
Dont je m’éloigne, mais qui ne cesse de me hanter
Ce n’est qu’une lame, qui entaille mes pensées [...]
J’ai peur de cette flamme qui avant toi m’a brulé

J’aimerais tellement te dire ce que veut mon cœur
Mais je n’ai plus les mots
J’aimerais tellement te dire que je n’ai plus peur
Mais ces mots sonnent faux

Jena Lee - J'aimerais Tellement (Clip Officiel)

Notre société exprime fortement -et parfois violemment- cette blessure de l'amour. Comme quelqu'un qui a une rage de dents blémit chaque fois que la dent douloureuse est sollicitée, fût-ce par le dentiste qui veut la soigner, toute évocation du sujet par l'Église provoque une ruée dans les brancards. La différence entre une foi raisonnable3 et un voeu pieux se situe dans les moyens que je mets en oeuvre pour la vivre.

Deux tentations s'offrent face à cette tension, cette blessure qui met à l'épreuve la foi de nos contemporains dans l'amour : la première est une forme de nihilisme, qui nie la possibilité d'un amour vrai, d'un amour total, fidèle, sincère et fécond. Concrètement, elle conduit à un mode de vie où les rapports (on n'ose plus parler ici de relations) s'enchaînent à toute vitesse. Tout plaisir bu, elle laisse place à gueule de bois spirituelle et un burn-out affectif. 

La seconde est plus dangereuse car elle parodie la vérité : c'est l'idéalisation, l'absolutisation de la relation. En ne voyant pas que notre amour humain est la partie visible d'une soif plus grande, un désir d'absolu, on fait porter à son ou sa partenaire un poids qu'il ou elle ne peut porter. La projection de mon désir d'absolu sur l'autre, fini(e) bien que merveilleux(se), m'empêche de réellement l'aimer. On n'aime vraiment qu'en aimant l'autre avec (et pour) sa finitude, sa faiblesse : paradoxalement la perfection de l'amour n'est pas dans l'amour de la perfection

Au coeur de cette nuit, l'Église a une parole à porter, l'annonce d'un Amour que nul ne saurait détruire, un amour qui ne passera pas. Au coeur de la nuit, et non à côté : je crois que ce serait une erreur que d'attendre une fête pure de toute interférence, commerciale ou païenne, pour parler d'amour vrai. Refaire de la Saint-Valentin la fête de l'Amour, ce n'est pas de la "récupération", c'est de la rédemption. 

Les jeunes, nous dit Jean-Paul II, ont un rôle particulier à jouer dans cette annonce : dans la nuit, ils sont les sentinelles du matin4. "A la rencontre de l'assoiffé, apportez de l'eau".

  • 1. statistique du moins, la fameuse "vérité des chiffres" étant probablement très loin de la Vérité
  • 2. même si, par total, beaucoup signifient fusionnel
  • 3. que l'Eglise qualifie de vertu et qui, loin de se limiter à l'adhésion à des concepts, suppose d'entrer progressivement dans un 'mystère', c'est à dire une réalité qui nous dépasse
  • 4. cf. Is 21,12-14

 
 

 
 

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