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Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà

Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà

Quelle est la différence entre 2 500 personnes dans les rues de Paris et plus d'un million dans celles de Madrid ? Pour la presse de notre pays, un parisien vaut bien quatre-cents madrilènes, et elle voit dans le premier cas une lutte héroïque pour la démocratie par quelques nobles âmes, dans l'autre une « marée conservatrice ». Une seule explication à un tel biais : l'avortement, motif des deux manifestations.

A Paris, la manifestation pour l'IVG a pourtant dû faire feu de tout bois, et a peiné pour rallier ses quelques manifestants, malgré un message volontairement brouillé et aussi vague que possible, pour « recruter large » : on trouvait ainsi dans le cortège des appels à l'égalité hommes-femmes1, une dénonciation de la pauvreté qui touche majoritairement les femmes2, et de la discrimination au travail qui les frappe3. Bref, un nombre de motifs légitimes de manifester... mais les manifestants ne se sont pas bousculés au portillon, découragés par cette confusion des genres. Il y a fort à parier que n'importe quelle manifestation sur les sujets sus-cités auraient eu indépendament plus de succès !

A Madrid, au contraire, c'est plus d'un million de personnes dans les rues, pour un objectif clair et librement affirmé : le refus de la banalisation de l'IVG. Celle-ci est déjà légale au-delà des Pyrénées dans les cas sujets à caution (viol, malformation grave du foetus, danger médical pour la mère) qui servent chez nous de cache-sexe et d'argument-massue pour les 225 000 avortements annuels, dont ils ne représentent en réalité qu'une fraction de pourcent.

La presse française présente une réalité biaisée, le journal Le Monde allant jusqu'à convoquer le spectre de l'Opus Dei qui, après Dan Brown, a le mérite de tuer le débat et de permettre de s'abstenir de toute réflexion sérieuse. Alors même que les témoignages sont éloquents ! Ainsi, Margarita, interviewée par le quotidien du soir, confie qu'après sa première IVG, elle a « fait une grave dépression ». Mais les journalistes sont-ils capables d'entendre ceux-là même dont ils reproduisent les propos ? 

  • 1. que nous soutenons sans pour autant y voir un lien immédiat avec la question de l'IVG, malgré l'insistance des campagnes du gouvernement sur ce leitmotiv
  • 2. que nous partageons, considérant cette pauvreté et ce manque de soutien de la société comme l'une des causes principales de l'importance de l'IVG de ce pays
  • 3. à juste titre

 
 

 
 

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